1 2 3 Courses, comment agis-tu ?

Promis, nous n’allons pas vous assommer avec des termes et détails juridiques (mais si jamais c’est le genre de choses que vous aimez (promis aussi, on ne vous jugera pas pour ça), vous en trouverez toute une mine sur cette petite fiche fort bien faite (merci les-scic.coop).

Si vous préférez la version avec plein d’images qui bougent, c’est par ici 

implication de tous

La SCIC a pour particularité de garantir ce qu’on appelle une gouvernance partagée. C’est à dire que la gestion du projet se fait, au minimum, avec ses salariés (ou producteurs des biens/services de la SCIC), ses bénéficiaires (les utilisateurs des biens/services) et un 3ème acteur (des partenaires, des bénévoles, des collectivités…). C’est ce qui se trame derrière ce mot avec beaucoup trop de syllabes : le multisociétariat

décision par tous

Pour que la gérance soit réellement partagée, le statut va plus loin que le multisociétarait en garantissant également à chaque associé le principe démocratique 1 personne = 1 voix. Contrairement aux statuts classiques qui indexent le pouvoir de décision sur l’apport en capital réalisé, la SCIC permet à chacun d’avoir un vote égal dans les décisions importantes (orientations stratégiques, investissements etc.).

COMMERCIALE VS SOCIÉTALE

En SCIC, c’est le projet collectif qui prévaut, nourri des spécificités et savoir-faire de chacun, et non les intérêts individuels. Pour assurer cette dimension, 57.5% minimum des bénéfices sont obligatoirement mis en réserves dites « impartageables ». Ces réserves servent à faire des investissements pour le projet et garantir sa pérennité. Ce % peut aller jusque 100% et est décidé avec l’ensemble des associés.

Et puisque les SCIC ne font rien comme personne, elles ont même leur propre manifeste !

Agora des SCIC – 18 novembre 2015 & 4 février 2016

Placer l’économie au service de la personne doit plus que jamais être réaffirmé et repensé dans le contexte de crise sociale et économique actuelle.

Notre société traverse des mutations profondes, percutée par le défi environnemental, par une mondialisation qui se poursuit, par des ruptures technologiques majeures, par la réforme de l’action publique. L’une des traductions de ces mutations est une répartition des richesses toujours plus inégalitaire.

Nos coopératives, par leur forme juridique et surtout le projet qu’elles portent, incarnent des principes et des valeurs sources de cohésion sociale et d’efficacité économique : le droit de vote et la capacité d’action donnés à chacun, l’autonomie et la liberté d’adhésion, la mutualisation entre les associés, la priorité donnée au projet plutôt qu’au profit de court terme, l’action collective au profit d’un territoire ou d’un secteur d’activité.

Parce qu’elles défendent l’ambition d’un autre modèle, parce que celui qui domine est cause de dégradation des conditions humaines, sociales et environnementales, les SCIC ont la préoccupation constante de plus de solidarité, d’innovation et d’efficacité pour que l’organisation de la production soit ajustée aux vrais besoins, pour que les compétences locales soient mobilisées et que les différentes parties prenantes retrouvent en partie la maîtrise de l’économie.

En pratique, elles ont su aller plus loin :

  • en étendant le cadre collectif par l’organisation d’un multi-sociétariat qui repense l’action de l’ensemble au service de chacun, refonde la notion même d’entreprise, renforce les modèles économiques d’entreprise et les inscrit dans la durée ;
  • en proposant de nouvelles formes de coopération avec les collectivités publiques participant ainsi au décloisonnement public / privé ;
  • en redéfinissant les rapports de nos coopératives aux territoires, ruraux comme urbains, contribuant à renouveler les solidarités locales, à prendre en compte les contraintes et les opportunités d’un développement durable et ce en dépassant le cadre de nos organisations ;
  • en créant du bien commun basé, d’une part sur l’intérêt collectif, non seulement des sociétaires mais aussi du territoire ou secteur d’activité qui les concernent, et, d’autre part sur le caractère d’utilité sociale des activités organisées et gérées ;
  • en apportant des réponses innovantes à des aspirations sociales peu ou mal satisfaites que ni le marché ni les pouvoirs publics ne sont en capacité de couvrir seuls.

Dans ce contexte d’urgence sociale et démocratique, nous nous accordons pour assumer nos ambitions fondatrices d’émancipation, individuelle et collective, pour les mettre en œuvre dans cette nouvelle capacité d’agir collectivement qu’incarnent nos SCIC, nouvelle forme d’une éducation populaire, dans le champ de l’économie.

Nous nous mobilisons pour redéfinir une économie à sa juste place, au service du mieux vivre ensemble, du progrès social, d’une démocratie économique plus que jamais bafouée.

Nous réaffirmons notre rôle politique dans la cité, et notre volonté de participer à la construction d’un autre modèle qui recrée de l’intérêt et du bien collectif, repense les formes de richesses et leur répartition et promeut une parole publique basée sur nos pratiques.

En renforçant le développement de nos SCIC, qui connaissent un rythme de croissance de plus en plus marqué et qui témoignent d’une belle vitalité, nous nous proposons d’agir en phase avec les enjeux du monde d’aujourd’hui.

(re merci les-scic.coop)